Overnight Report, Congrès SSMI, Lausanne, Mai 2006
LAUSANNE, 12/5/2006
Meilleure prévention pour la période de fin de vie !
La période de fin de vie est souvent génératrice de conflits entre le patient,
ses proches et le corps médical. Une meilleure prévention de ces conflits doit
être considérée en terme de santé publique pour éviter que ceux-ci affectent
la qualité des soins en fin de vie !
Les conflits rencontrés en fin de vie par les professionnels de la santé sont
liés aux difficultés de communication, aux différences d'opinion et de valeurs,
aux attentes et demandes des familles des patients, aux contraintes administratives,
juridiques et économiques ainsi qu'à l'organisation et au fonctionnement des
structures de soins. Une enquête a été menée par le biais d'un questionnaire
auprès de 460 professionnels de la santé du Valais romand travaillant dans les
hôpitaux, les EMS, les centres médico-sociaux et les équipes de soins à domicile.
La moitié a répondu et parmi elle, 82,4% des interrogés se disaient confrontés
à ces conflits. 2/3 de ceux-ci sont plutôt rares durant les 12 derniers mois,
leur intensité est perçue comme moyenne à haute pour 86,1% des interrogés et
leur nature est médicale ou éthique le plus souvent. Les parties qui s'opposent
sont surtout les membres de la famille (68,4%) et ensuite, les médecins et les
infirmières entre eux (49,2%). Les causes majeures des conflits sont les problèmes
de communication, l'ambivalence des familles et la différence des valeurs entre
les parties impliquées.
Les solutions utilisées pour tenter de résoudre les conflits sont les colloques
interdisciplinaires, le partage des expériences et les supervisions internes.
Ni l'âge, ni le sexe, ni le lieu de travail, ni l'expérience professionnelle,
ni la formation aux soins palliatifs n'influencent l'exposition des professionnels
de la santé à ces conflits. Ces situations se traduisent finalement par un gaspillage
des énergies et des ressources (63%) et un épuisement physique et psychologique
(52%), ce qui affecte la
qualité des soins aux patients, la prise en charge des familles et même la santé
des soignants, induisant alors des coûts économiques et sociaux élevés pour
les communautés, ce qui in fine constitue un réel problème de santé publique
! L'intégration de la prévention et de la gestion de ces conflits dans les politiques
des systèmes de santé doit donc être vivement encouragée !! Dr Christine Brosteaux
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